Autour du chocolat

    Anne Faubeau
Publi par Le 11 mai 2017 Dans Autour du chocolat 0 Comment

Le grand saut de Louisa, la cabosse du Vénézuela

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Hola todos !
Vous m’avez manqué depuis notre première rencontre il y a quelques semaines. Je dois vous avouer que tous les membres de ma famille ont été ravis de faire votre connaissance !
Lors de notre dernier repas familial à la plantation, nous nous sommes empressés de réfléchir à la thématique de notre prochain rendez-vous ! Et puis, c’est Antonio, notre producteur, qui nous a conseillé de vous parler de la récolte. Sur ce bon conseil et avec son appui, je vais vous délivrer les grandes étapes.

Une question de maturité !

Ne mettons pas la charrue avant les bœufs ! Tout est une question de maturité, qu’elle se rapporte au cacaoyer sur lequel nous poussons ou la nôtre.
C’est seulement après 8 à 10 ans d'existence du cacaoyer que nous pointons le bout de notre cabosse. Depuis l’arrivée de la première cabosse sur un jeune cacaoyer, c’est une très grande famille qui se succède sur 30 générations ! Pensez-vous, le cacaoyer est un formidable athlète ; tous les ans, 2 générations de cabosses sont récoltées.
Pour vous donner un meilleur aperçu, cela représente en moyenne 25 frères et soeurs, soit environ 1 à 2 kilogrammes de cacao par arbre. Bien souvent, la période de la récolte - période qui demande une extrême dextérité des cacaoculteurs - a lieu au printemps et en automne.

Antonio nous a partagé un petit aveu à ce sujet : tout bon producteur a l’habitude de procéder à la taille des arbres pour leur donner une taille moyenne de 6 à 8 mètres. Sinon, nous pouvons être à plus de 15 mètres de haut ! ¡ Uy ! tiene miedo…
Par la même occasion, il nous assure des effets bénéfiques pour le cacaoyer (une diminution des risques de maladies et une meilleure répartition des forces de l’arbre).

Plaçons-nous maintenant parmi mes confrères. Suivant la variété à laquelle nous appartenons, le véritable indice est notre changement de couleurs.
Un bref rappel : nous, les “criollo”, sommes prêts lorsque notre timbre de cabosse se colore d’un orange hâlé. Et puis il existe un second indice : celui du son ! Un cacaoculteur, comme Antonio, tape légèrement sur notre coque pour déterminer la maturité interne de nos fèves. Pour les esprits plus rationnels, nous arrivons à l’âge de raison entre 5 et 7 mois après la floraison.

Pas de cueillette sans délicatesse !

Il faut bien le préciser, aucun homme ne grimpe sur le cacaoyer - comme Mowgli dans le Livre de la Jungle ou Tarzan ont l’habitude de le faire !

La première opération consiste à la torsion du pédoncule qui nous lie au tronc des arbres. Fragile, c’est une tige qui se rompt facilement pour le ramassage. Mon frère Mario, situé au nord-est altitude 22 du cacaoyer, est plus difficile à attrapper. Dans ce cas, les cacaoculteurs munis d’un émondoir (une petite faucille au bout d’une perche), coupent le pédoncule avec délicatesse pour éviter d’abîmer les bourgeons et les fleurs de mes plus jeunes frères et soeurs. Cette manipulation est pour nous un réel saut dans le vide, et le début d’une nouvelle aventure !

Nous quittons notre cacaoyer, pour entrer en contact avec la terre ! Vous est-il possible de concevoir ce que cela représente pour nous ? Sachez que pour notre prochaine rencontre, j’ai déjà prévu de vous expliquer notre écabossage et fermentation. À très vite !

Lu 1159 fois Dernière modification le mardi, 12 septembre 2017 11:19
  Anne Faubeau

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